De
mémoire de joggeur, jamais on aura tant pesté sur le temps. Que se
passe-t-il avec cette météo qui viendrait même faire douter les
plus grands défenseurs de la thèse du réchauffement climatique? En
ce début de saison, elle nous aura forcés à puiser dans nos
réserves de motivation. Comme pour aller à Vieusart, il nous en a
fallu du courage. Mais, finalement, les conditions de course n'ont
pas été si mauvaises. Et une fois la ligne franchie, nous étions
tous contents d'être venus, d'avoir passé un bon moment ensemble
et de s'être donné malgré tout un peu de mal.
Les
relations du joggeur avec le temps sont particulières. Que ce soit
avec le temps qu'il fait ou avec le temps qui passe.
Commençons
par le temps qu'il fait ...
Même
si le joggeur regarde plus qu'un autre les prévisions météo, peu
d'éléments l'arrêtent. Qu'il pleuve ou qu'il vente vous le verrez,
le dos voûté, partir avaler ses kilomètres. Qu'il gèle, et vous
ne le reconnaîtrez plus sous toutes ses couches s'en aller le pas
lourd. Qu'il neige, vous pourrez l'apercevoir s'enfoncer dans des
champs enneigés. Mais la hantise du joggeur, c'est la chaleur. En
plein soleil, par une température caniculaire, vous le verrez
tituber sur les chemins comme des pantins désarticulés.
Bien
sûr, comme tout être normalement constitué, le joggeur préfère
le ciel bleu et les températures clémentes, avec une petite brise
dans le dos (mais seulement dans le dos!). Ces conditions sont tout
particulièrement appréciées avant le départ d'une course ou lors
de longues sorties.
Continuons
avec le temps qui passe ...
Le
joggeur, plus qu'un autre, regarde aussi beaucoup sa montre. Il peut
même y trouver une mine d'informations comme, par exemple, savoir si
son cœur bat encore, s'il avance toujours ou si le temps passe bien.
Il développe une relation toute particulière avec le temps et a
appris à le compter différemment. Il vous parlera en minute au
kilomètre ou en kilomètre par heure. Même sans avoir fait d'études
il sait que le temps est relatif et qu'il peut varier en fonction des
circonstances: en course, il trouvera que les minutes passent bien
trop vite tandis qu'en entraînement, au contraire, elles lui
paraitront d'une lenteur affligeante.
Dans
la vie de tous les jours, il aura souvent tendance à évaluer toutes
les distances en temps et tous les temps en distance.
Vous
l'aurez compris, pendant ces longues heures à courir par tous les
temps, le joggeur a le temps de philosopher sur cet hiver qui prend
son temps ou sur ce printemps qui se fait attendre ...
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